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Déclaration CAPD 26 juin 2020
Publié le 26 juin 2020 | SNUDI-FO 31
Déclaration CAPD 26 juin 2020

Monsieur l’Inspecteur d’Académie,
Mesdames, Messieurs les membres de la CAPD,

Tout d’abord, pour cette première CAPD placée sous votre présidence, nous vous souhaitons, même si les conditions sont des plus particulières et difficiles, une bonne arrivée dans notre département de la Haute Garonne.
Nous tenons à faire remarquer qu’au niveau local, nous avons conscience de la grande disponibilité de notre administration, qui malgré une austérité aux déplorables conséquences depuis des années (on pourrait par exemple parler des suppressions de postes dans les services), fait de son mieux pour humaniser et atténuer les effets d’une politique nationale désastreuse.

Pourtant, malgré cette administration localement à l’écoute, les collègues sont épuisés et en colère. En effet, malgré un dévouement sans faille des collègues depuis des mois (mais l’on pourrait dire depuis des années que ce ne serait pas exagéré), ce gouvernement n’a rien trouvé de mieux que d’exposer son mépris à l’égard des enseignants : entre ceux qui devront aller « cueillir des fraises » et ceux qui sont des « décrocheurs » ...

Or, c’est pourtant M.Blanquer qui, après avoir proposé un protocole inapplicable, tournant ainsi le dos aux véritables exigences sanitaires (dépistage systématique, masques FFP2… comme revendiqué par les 56.000 signataires de la pétition de la FNEC FP-FO), a fait reprendre les enseignants dans des conditions inacceptables, les a obligé à passer des journées pour la mise en place d’une organisation qui ne durera pas quinze jours avant d’être à nouveau à modifiée. Quand on a malmené ses personnels de la sorte, comme peut-on oser les livrer à la vindicte populaire ?
Ce mépris pour les enseignants comme pour l’ensemble des travailleurs est inacceptable pour les français. Les manifestations qui se multiplient tous les jours sont la démonstration que le gouvernement n’a pas réussi à confiner l’action revendicative.

Ce gouvernement profite de l’état d’urgence pour s’en prendre à nos libertés individuelles et collectives les plus fondamentales, notamment la liberté de s’organiser librement et de manifester.
C’est inacceptable. Et si les français ne sont pas contents, ce gouvernement fera comme il le fait depuis plus de deux ans : il aura recours à la répression la plus aveugle. La preuve en était le 13 juin dernier, où là encore, les cortèges dans plusieurs villes, menés par les soignants ont terminé sous les gaz lacrymogènes. Après tout, ces gens « qui ne sont rien », ils ont été applaudis tous les soirs à 20h. Cela ne leur suffisait-il donc pas ?
Cette répression qui a frappé les GJ pendant des mois a d’ailleurs conduit à des arrestations massives (y compris de camarades syndicalistes : mercredi dernier notre camarade Alain Rey était convoqué au tribunal pour avoir seulement exercé ses mandats syndicaux lors de la mobilisation contre les E3C le 21 janvier dernier à Cahors.). On le voit bien, avec ce gouvernement, le droit syndical est remis en cause et les mesures liberticides se poursuivent… Les congés des personnels et des salariés sont rognés. Le temps de travail est déréglementé. Les salaires sont toujours bloqués. Le point d’indice des fonctionnaires est quant à lui gelé depuis 10 ans.
Au mépris vis à vis des personnels, ce gouvernement rajoute le froid calcul de celui qui continue son œuvre de destruction de l’Education Nationale, de destruction de notre service public avec notamment le mise en place d’un nouveau statut des directeurs et les 2s2c.
Les 2S2C (Sport-Santé-Culture-Civisme) concentrent tous les mauvais coups rejetés par les personnels depuis des années : démantèlement des statuts, territorialisation, désengagement de l’Etat dans ses missions. Ce dispositif est dans le prolongement de celui sur les rythmes scolaires entraînant la plus grande confusion entre scolaire et périscolaire. L’enseignement du sport, de la musique, des arts et de l’éducation civique pourra être confié aux collectivités locales, à des associations voire des entreprises privées qui ne manqueront pas de recruter des personnels précaires, sans statut et sans formation.
C’est tout simplement l’externalisation des missions de l’État qui est une nouvelle fois prévue. D’ailleurs, comme l’a déclaré notre ministre lors du dernier CTM, : « le dispositif 2S2C permet d’accueillir plus d’élèves avec peu d’enseignants ». Dans le viseur, les 54 000 professeurs d’EPS, d’éducation musicale et d’arts plastiques.

Pour le 1er degré, avec les 2S2C, on peut ainsi craindre que des pans importants de nos enseignements sortent des programmes et des horaires scolaires, limitant alors nos missions à l’enseignement des « fondamentaux », chers au Ministre ; et c’est aussi le renforcement de la territorialisation de l’école, déjà dénoncée fortement par les personnels lors de la réforme des rythmes scolaires. Nous tenons à rappeler notre attachement à l’école de la République, à son cadre National. Nous voulons et nous défendrons une école publique donnant accès aux mêmes enseignements partout, dispensés dans le respect des programmes nationaux par des fonctionnaires d’État.

Parce que la technique de ce gouvernement, c’est celle du tapis de bombes. Une attaque ne suffit pas.
Ainsi, aux 2S2C, se rajoute le projet de loi sur la direction d’école qui vise à faire de ces derniers de précaires délégataires de l’autorité académique, soumis à toutes les injonctions. Le lien de subordination prévu entre les directeurs et les municipalités contribuant à cette territorialisation de l’Ecole que nous combattons. Nous refusons que les directeurs deviennent des manager au service des municipalités. Une consultation des directeurs avait été organisée il y a quelques mois et cette réforme ne correspond d’ailleurs nullement aux demandes. Elle est simplement une énième tentative de ce gouvernement pour faire passer en force sont projet, pourtant massivement rejeté.
Ce gouvernement est totalement sourd aux contestations. On pourrait penser que c’est parce qu’il n’en est que plus respectueux des corps intermédiaires ?
Il n’en est pourtant rien ! La loi de Transformation de la fonction Publique vient le rappeler. Avec ce texte, il s’agit de dupliquer dans la Fonction publique, les mesures iniques de la loi El Khomri et des ordonnances Travail. En cherchant à supprimer les CAP, uniques garanties de transparence, c’est la fin programmée du paritarisme et la porte ouverte à toutes les dérives. Les problèmes rencontrés pour le mouvement des personnels le prouvent. Les collègues ont plus que besoin des syndicats pour assurer une véritable transparence de ces opérations, et assurer des affectations justes.

Lors de la CAPD d’aujourd’hui nous allons notamment traiter du passage à la hors classe.
Le SNUDI-FO, contrairement à d’autres organisations syndicales, n’a pas signé le protocole PPCR. Chaque CAPD vient d’ailleurs nous confirmer que le déroulement, pour tous, sur deux grades est une pure chimère. Il y a des collègues à l’échelon 10 voire 11, qui n’accéderont pas cette année à la HC, en raison d’une appréciation totalement arbitraire et irréversible, parfois même attribuée sans avoir vu un IEN. Il y a toujours des collègues qui partiront à la retraite sans être promus.

Concernant les temps partiels, nous estimons que toutes les demandes y compris sur autorisation doivent être satisfaites étant donné que notre département a les moyens de le faire. En effet, la Haute-Garonne est très attractive, et il y a de nombreux collègues qui résident ici, sont en disponibilité en attendant d’être réintégrés. Les collègues demandeurs de temps partiels expriment leurs motifs dans leurs lettres de recours et ils sont saisissants. En effet, derrière des numens interchangeables, se cachent des êtres humains qui aiment leur métier et se dévouent pour lui, mais qui ont aussi des soucis de santé, qui ont besoin de temps dans leur famille pour prendre soin de leurs enfants, de leur conjoint, de leurs parents ! Comment rester sourd et continuer d’appliquer cette logique comptable dépourvue de toute humanité ? FO revendique l’obtention de tous les temps partiels à la quotité demandée. Toutes les demandes de disponibilité et de détachement doivent elles aussi être acceptées. La bienveillance ne doit pas seulement être une jolie incantation du ministre, elle doit se réaliser vis à vis des personnels.

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